RHIZOMES
En botanique, un rhizome est une tige souterraine qui se propage horizontalement et se régénère à l’infini en un réseau végétal bourgeonnant et vivace. En philosophie, pour les phares de la « French Theory », Gilles Deleuze et Félix Guattari, c’est un mode de pensée non hiérarchique, non linéaire et interconnecté, aussi libre que la plante dont il emprunte le nom.
Désormais, c’est aussi celui d’un ensemble de musicien.nes aux parcours pluriels et aux origines multiples, réunis en Rhizomes et farouchement attachés à cette horizontalité dans l’action comme à l’infinitude combinatoire qu’offrent leurs chants et instruments, irrigués de plusieurs langues et langages musicaux.
En réunissant l’arabe, l’hébreu et le français Rhizomes revendique le droit d’investir une géographie musicale nouvelle, celle du partage et de l’union.
Leur premier EP (intitulé simplement « Rhizomes » et sorti en janvier 2026) de six titres,envoutants et mystérieux, comme leurs concerts où survient toujours l’inattendu, sont autant d’illustrations de l’organisme vivant et en mouvement qu’ils ont créé collectivement.
Leurs égos sont ainsi remisés sous les « War rugs », ces tapis de guerre afghans qu’ils ont détournés sur la pochette de l’EP en remplaçant les fusils et les roquettes par des instruments pacifiques, rendant limpide le message d’une musique de profonde réconciliation. N’allons pas croire pour autant que l’on tient là une énième bande de hippies utopistes, car Rhizomes n’a rien d’un bouquet de fleurs brandi sans grand espoir face la surenchère belliqueuse de l’époque. Lorsqu’ils décident au début de la décennie de faire cause commune, c’est vers le rock, parfois le plus abrupt, qu’ils se dirigent intuitivement.
Conçus et malaxés en studio (pour reprendre un terme bashungien), leurs morceaux ont pour urgence d’être joués, voire déjoués, sur scène, l’endroit où leur ferveur collective trouve sa plus pure incarnation.
Les voix et les synthétiseurs analogiques de Yael Miller et Donia Berriri, la rythmique tellurique de Baptiste Germser (basse, également au bugle) et Roland Merlinc (batterie), les guitares alternant fines pluies d’arpèges et averses électriques de Thomas Caillou, la chaleur orientale conjuguée à la glaciation post-rock occidentale, sont autant de chocs thermiques, chimiques, qui procurent à leur son un caractère unique.
Le répertoire du live est constitué des 6 titres qui composent leur premier EP (Péleide, janvier 2026) : Dialogues, Hawava, J’oublie, Mizmor, Kalb Isha et Goutte d’or, une reprise de El Desierto de la chanteuse Lhasa de Sela, une de Bachar Mar Khalifé, Kyrie Eleison, ainsi que des titres encore inédits et quelques morceaux exclusifs.
Photos ©Christophe Beauregard
Artworks ©Julie Politi
MANAGEMENT
Julie Politi
PROMO / PRESSE
Brigitte Batcave
LABEL
Péleide
EDITION
D.R